L’innovation par et pour les jeunes

09.10.2020

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#Laboratoire

Comment les jeunes ont-ils fait et font-ils encore face à la crise du Covid 19 ? Comment ont-ils été engagés dans la gestion – européenne et locale – de la crise ? Quelles innovations ont été produites ou accélérées ? Comment les jeunes sont-ils pro-actifs pour construire la suite ?

Nika Bakhsoliani – Bureau du Conseil consultatif sur la jeunesse (Géorgie)

La pandémie a aggravé la situation déjà très difficile pour les jeunes (confrontés à l’insécurité de l’emploi, etc). Beaucoup d’entre eux ont dû arrêter leur activité, plus particulièrement dans la zone rurale.

Parmi les problèmes majeurs qui touchent la société Géorgienne on retrouve la fracture numérique, encore plus forte à l’heure où tout doit se passer en ligne. Les inégalités de l’accès à internet se révèlent de façon encore plus marquée avec le COVID qui a accéléré l’utilisation d’applications pour communiquer et partager des documents. La numérisation peut être compliquée à mettre en œuvre, particulièrement dans les pays où beaucoup de foyers n’ont pas accès stable à internet.  En Géorgie les associations de jeunes n’ont pas accès aux plateformes telles que Kahoot ou Zoom. Alors que les droits numériques devraient être accessibles à tous, les disparités se révèlent immenses.

Hélène Godwin – Conseillère des élus de Bristol et membre du Cabinet pour les femmes, les familles et les foyers et membre principal pour les services à l’enfance

Son association de jeunes est partie d’un constat très simple pendant la pandémie : On s’adresse aux adultes, aux professeurs, aux écoles mais peu de gens parlent aux enfants de ce qu’il se passe. L’association a donc mis en place un Hub online accessible à tous, comprenant une partie éducative et divertissante (conte, musique, recettes, concours).

Bristol est aussi renommée pour son Conseil des jeunes qui existe depuis longtemps et qui inspire des gens de partout dans le monde. Des participants de ce Conseil sont des élus siégeant au Parlement des Jeunes du Royaume-Uni.

L’intervenante a aussi souligné l’importance de l’avis des jeunes et de leur participation dans la vie de la communauté. L’association a réalisé un sondage auprès des jeunes de Bristol, qui a été pris en compte dans le plan de relance de la ville.

Lee Patterson – Responsable de la jeunesse de la ville de Cardiff  Dayle Luce – mentor des jeunes au Cardiff Youth Service

Des activités de discussions et des groupes de travail ont été organisés pour les jeunes au plus fort de la pandémie, afin qu’ils puissent s’exprimer sur leur ressenti, et plus particulièrement leurs angoisses. Des éducateurs ont pu échanger directement avec eux.

L’association Cardiff Youth Support Service quant à elle soutient en priorité les jeunes les plus démunis, en leur fournissant des chromebooks et des tablettes par exemple. Ils se sont adaptés à la crise sanitaire en continuant leur soutien avec entre autres des appels téléphoniques et des discussions sur Zoom.

Sonja Oesterreicher – Représentante de la ville de Vienne, experte du Fonds viennois pour la promotion de l’emploi

Dès le début de la crise du Coronavirus le taux de chômage a augmenté, pour la catégorie des 20-24 ans le taux de chômage avait doublé en mai et le nombre de personnes en recherche d’apprentissage ou d’alternance avait également doublé. La recherche d’emploi et d’apprentissage pour les jeunes étaient déjà un problème avant la pandémie, pour tenter d’y remédier la ville de Vienne a lancé plusieurs actions :

  • Investissement de 17 Millions d’euros pour soutenir les jeunes sans emploi. Cet investissement inclus
    • 10 millions pour les formations professionnelles
    • 7 millions pour la qualification de jeunes chômeurs (aide à trouver un apprentissage, certifications et qualifications)
  • Campagnes d’information sur les possibilités de formation à l’attention des jeunes pour améliorer leurs possibilités d’insertion
  • Réouverture rapide des centres de recherches d’emplois permettant des rendez-vous personnalisés avec des conseillers et pour donner accès au matériel informatique à ceux qui ne l’ont pas chez eux et donc sont freinés dans leur recherche d’emploi.

Andrea Casamenti – membre du conseil d’administration du Forum européen de la Jeunesse

Le Forum européen de la jeunesse a un grand rayon d’action et rassemble toutes les organisations de jeunes en Europe. Il couvre un rayon de plus de 40 Millions de jeunes et a pour but de représenter leurs intérêts et assurer la protection de leurs droits. Le Forum a organisé une étude à large échelle sur l’impact de la pandémie sur la vie des jeunes et la manière dont ils l’ont ressentie. Ils ont réussi à obtenir plus de 12.000 réponses de 18-24 ans dans 112 pays.

Les résultats de cette étude sont que :

  • L’impact de la pandémie est systématique, profond et non proportionné
  • 1 jeune sur 6 a arrêté de travailler depuis le début de la crise et 40% des participants ont constaté une baisse de revenus
  • Le soutien de la part des gouvernements n’arrive pas à ceux qui en ont le plus besoin – les bénéficiaires des aides étaient ceux qui avaient toujours un emploi (même réduit) ou un niveau d’éducation plus élevé. La plupart des aides étant conditionnées à une diminution ou une disparition des revenus et donc à une situation d’emploi.
  • Le soutien de l’Europe est sujet aux mêmes types de problèmes étant également lié à l’emploi, il n’atteint pas les plus en difficultés.
  • Généralement le taux de chômage des jeunes est le double de celui du pays.

Lien vers les résultats de l’étude

Suite aux présentations des intervenants, Anita Silva, a posé quelques-unes des questions du chat.

Comment la crise a-t-elle accentué les inégalités chez les jeunes, particulièrement chez ceux déjà à risque ? Il est ressorti de la discussion que la généralisation du numérique en réponse à la crise sanitaires n’est pas la solution à tout. En effet, le travail avec les jeunes ne peut pas être complètement coupé du face-à-face. Par ailleurs, la fracture numérique touche beaucoup plus les jeunes en difficultés et les pays moins développés. Si les jeunes se montrent très créatifs, ils sont aussi limités par leur accès aux équipements informatiques et à internet. Cependant les outils numériques ont permis d’atteindre certains publics qui n’étaient que peu représentés avant. Le fait d’avoir une réunion en visioconférence rendant notamment la participation moins intimidante a incité des jeunes à participer aux discussions.

Sur l’innovation et la participation des jeunes, comment encourager et promouvoir la participation des jeunes à l’ère du COVID ? Les intervenants ont souligné que bien que lorsqu’on parle de participation on pense souvent au vote, la participation ne s’arrête pas là au contraire. De nouvelles formes de participation se généralisent (pétitions en ligne, manifestations, …) et on a vu pendant les périodes de confinement à quel point les jeunes ont mal vécu la réduction de leur droit à manifester. Un des éléments très important liée à la participation des jeunes est également la situation de crise économique et le besoin d’aides financières pour pouvoir investir plus.

Intervenant(s)

  • Andrea Casamenti

    Membre du conseil d'administration du Forum européen de la jeunesse

  • Sonja Oesterreicher

    Représentante de la ville de Vienne, experte du Fonds viennois pour la promotion de l'emploi

  • Dayle Luce

    Représentant de Cardiff, mentor des jeunes au Cardiff Youth Service

  • Lee Patterson

    Responsable de la jeunesse de la ville de Cardiff

  • Helen Godwin

    Conseillère des élus de Bristol et membre du Cabinet pour les femmes, les familles et les foyers et membre principal pour les services à l'enfance.

  • Nika Bakhsoliani

    Bureau du Conseil consultatif sur la jeunesse

  • Europa Nantes

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